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Compétition
· Aikido de compétition (Kenji Tomiki)
· Le système d'entraînement de l'Aikido
  (Kenji Tomiki)

· Les origines de l'Aikido de compétition
  (principes du Judo)

· La modernisation de l'ancien Ju-jitsu
· Le développement de l'Aikido
· L'organisation de l'Aikido
· Les principes du Atemi waza et
  du Kansetsu waza

· Les méthodes d'entraînement de l'Aikido
  de compétition

· Les événements relatifs à l'Aikido de
  compétition et leurs buts

· Les 17 techniques de base du Randori

Kenji Tomiki ShihanDepuis longtemps, il existait des Arts-Martiaux au Japon, tels que le Ju-jitsu, au moyen desquels on pouvait repousser une attaque avec ses mains nues. Il y en a 179 qui sont officiellement enregistrés. De même, les techniques étaient nombreuses et variées, conçues pour toutes sortes de situations, mais nous pouvons les placer grossièrement dans deux catégories. Dans la première se trouvent les techniques qui impliquent une saisie des vêtements de l'adversaire (revers, col, etc), à une distance rapprochée. Les techniques qui contrent des attaques telles que des coups de poing, coups de pied, et avec des armes, à une certaine distance entre soi-même et l'adversaire tombent dans la deuxième catégorie.

Dans les documents officiels du Yoshin Ryu Ju-jitsu il est écrit que leur école ne possède aucune technique qui vise à tuer un adversaire. Selon la tradition du Daito Ryu Aikijujitsu, ils "ne donnent ni reçoivent ni coups de couteau, de poing ou de pied" dans leur Ecole. Un des buts principaux du Ju-jitsu est la capacité de projeter et d'immobiliser un adversaire sans le tuer, tout en l'empêchant totalement d'attaquer.

Le Judo de compétition d'aujourd'hui est un Budo moderne formé par Jigoro Kano (1860-1938) au début de la période Meiji en se basant sur les principes communs des anciens styles de Ju-jitsu. En utilisant ces "Principes du Judo", il a créé un système de pratique du Randori qui utilise des techniques de projection et de bloquage qui rendaient possible des compétitions.

Dans le Daito Ryu Aikijujitsu, le style secret transmis par le clan Aizu, les Atemi Waza (techniques de frappe) et les Kansetsu Waza (techniques sur les articulations) étaient particulièrement efficaces. La résurrection du Daito Ryu Aikijujitsu dans la période Meiji était l'œuvre de Sokaku Takeda (1860-1943). Dans sa jeunesse, il avait également étudié l'Onoha Ittoryu Kenjitsu, le Jiki Shinkageryu Kenjitsu et le Hozoïnryu Sojitsu, alors il a intégré ces techniques de sabre dans le Daito Ryu Aikijujitsu. D'un point de vue historique, l'étude des Atemi waza et Kansetsu waza était fortement recommandée au début de la période Edo. C'était une conséquence directe de l'évolution partant des combattants portant des armures sur les champs de bataille vers une période de paix avec des gens portant des habits ordinaires. En d'autres termes, le Ju-jitsu devenait une méthode d'auto-défense, allant de pair avec l'intégration des techniques de sabre dans le Ju-jitsu non-armé. Sur ce point, le Daito Ryu Aikijujitsu était particulièrement efficace.

Le meilleur élève de Takeda, Morihei Ueshiba (1882-1969), avait déjà étudié le Tenjin Shinyouryu, Kitoryu, Yagyuryu et d'autres styles de Ju-jitsu. Il est devenu l'élève de Takeda à 32 ans et se montrait doté d'un grand talent. Ueshiba, un homme profondément religieux, changea le nom d'Aikijujitsu en faveur d'Aikido après son "illumination" et sa conviction que l'Aikido était création divine.

La pratique traditionelle de l'Aikido comprend l'entraînement de Kata, ce qui signifie que les techniques sont prédéfinies et qu'une personne applique la technique sur l'autre. L'Aikido de compétition inclut un système de pratique du Randori qui s'ajoute à l'entraînement du Kata. Dans un Kata, il es impossible d'utiliser les techniques de l'ancien Ju-jitsu librement, en particulier pour essayer de saisir l'occasion de gagner dans des situations d'attaque / défense sérieuses, ou bien pour comprendre les relations et les transitions d'une technique à l'autre. L'Aikido de compétition utilise les Atemi waza et les Kansetsu waza qui étaient, pour la plupart, ignorées dans les compétitions de Judo.

Dans une émission radio de 1926, nommée "Le Judo, passé et présent", Kano Sensei a dit: "Trouver une manière pour pratiquer le Randori et de faire des compétitions qui permet l'utilisation des Atemi waza serait extrêmement difficile, plus difficile encore serait la tâche d'arbitrer une telle compétition." (voir: La Biographie de Jigoro Kano publiée par le Kodokan). Kano Sensei a imaginé des méthodes pour incorporer l'Atemi Waza dans le Judo, mais il n'a pas réussi. Suivant ses idées, dans le but de moderniser les techniques de l'ancien Ju-jitsu, un autre système de Randori différent du Judo était nécessaire.

La recherche dans les Atemi waza et Kansetsu waza était la raison pour laquelle je suis entré à l'école de Morihei Ueshiba Sensei. Après 50 ans de tentatives, j'ai finalement mis au point une méthode d'Aiki Randori distincte du Judo Randori. Hélas, comme nous le montre l'histoire du Judo et du Kendo de compétition, il me faudra des années de collaboration et la sagesse réunie d'un grand nombre de personnes.

L'Aikido a ses propres caractéristiques et valeurs historiques, et je suis d'avis qu'il doit s'établir comme le troisième Budo japonais à côté du Kendo et du Judo, en particulier en tant qu'Art-Martial dans les écoles. Afin d'atteindre ce statut, l'Aikido doit comporter aussi bien un entraînement de Kata que de Randori.

Dans l'ancien Ju-jitsu il y avait un grand nombre d'écoles différentes et il y avait beaucoup de conflits entre elles. Néanmoins, avec la formation d'un système de Randori et de compétition dans le Kendo au milieu de la période Edo et dans le Judo au début de la période de Meiji, commençait un processus d'uniformisation graduelle alors qu'un Budo plus harmonieux et coopératif se mit à émerger.

L'Aikido englobe une grande variété de techniques, utilisées dans des situations très diverses, donc cela requiert beaucoup de temps pour les maîtriser. C'est un entraînement durant la vie entière. Cepandant il est essentiel de s'assurer que les techniques importantes et les situations représentatives se retrouvent dans la compétition.

Les Kata constituent une partie du Budo où on doit apprendre les techniques. Nous y sommes néanmoins dans l'impossibilité de nous entraîner dynamiquement avec quelqu'un dans une situation de compétition, comme dans un match où nous pouvons finaliser nos techniques et notre état d'esprit. En particulier, nous constatons objectivement nos vraies aptitudes et notre volonté de progresser.

Les gens peuvent pratiquer l'entraînement dur lorsqu'ils sont jeunes et continuer de pratiquer le Kata durant toute leur vie, ce qui est caractéristique pour le Budo japonais. C'est également conforme à la demande actuelle pour une éducation physique la vie durant. Je suis confiant que l'Aikido est le Budo le mieux placé pour correspondre à cette exigeance.